L’innovation au cœur de la transition


Nous vivons un moment de basculement. La période dans laquelle nous sommes plongés est celle d’une transition fulgurante. Comme toute transition, elle donne place à un bouleversement des repères ; si elle suscite des craintes, elle génère aussi des opportunités infinies.

L’ère du numérique n’est pas simplement une mode ou une solution technique, elle ouvre le champ des possibles et vient remettre en cause nos modèles économiques et sociaux et la manière même de penser l’innovation, de la réaliser.

Ainsi, si la santé, l’éducation, l’industrie plongent dans autant de nouveaux mondes amenant à se repenser, à se redéfinir, il en est de même des modèles d’affaire, des process de production, de l’organisation même des entreprises, du rapport à la démocratie citoyenne et à celui des acteurs associatifs et sociaux de nos sociétés.

La montée en flèche des « réseaux » vient remettre en cause nos manières de penser, d’échanger, de débattre, de produire… les révolutions d’Internet et notamment celle des objets connectés conduisent à une personnalisation croissante, à une adaptation croissante aux volontés personnelles des individus…

Nous pourrions disserter pendant de longues pages sur ces thèmes, je ne les évoque que brièvement pour marquer la rupture que nous vivons, pour souligner la nécessité de changer nos grilles de lecture, nos modes de pensées et d’action. Ce changement culturel constitue la première nécessité pour  non seulement faire face, mais surtout pour une prise de conscience nécessaire à l’action et à l’accompagnement des entreprises face aux défis émergeants.

La puissance publique a un rôle à jouer dans ce changement, notamment en favorisant l’émergence de formations adaptées, en accompagnant les entreprises qui veulent se transformer… le lancement du plan « industries du futur » en mai 2015 trace ce chemin. Nous devons aller plus loin.

A ce titre, l’émergence d’un cluster sur notre territoire constitue une opportunité considérable en la matière. Aujourd’hui, environ 16 pôles dans le monde concentrent 80% de la recherche mondiale. Bientôt, 20% de la recherche française sera concentré sur le Plateau de Saclay.

Le défi est celui de la mise en mouvement de cette concentration et donc de la création de jeunes entreprises qui devront émerger jusqu’à devenir (et là est bien l’un des défis majeurs) des ETI.

En 2016, 4000 start-ups créées en France. Notre territoire doit être davantage pourvoyeur de jeunes entreprises et capables de les accompagner le mieux possible. L’environnement est propice, les étapes à venir seront déterminantes.

Soutenir start-ups et scale-ups, expérimenter sur  le territoire, faciliter la recherche partenariale publique-privée, accompagner la recherche vers le marché, organiser et animer l’écosystème, etc., autant de pistes nécessaires. Elles doivent s’accompagner de plusieurs dimensions déterminantes dans ce système qui se structure : la clarté, incontournable pour atteindre nos objectifs et pour gagner du temps, la formation et la diffusion de la culture du changement.

L’innovation est et sera protéiforme. Elle doit donc d’abord être un état d’esprit, une culture, voire un réflexe. C’est à nous tous de diffuser ce message et de ne jamais cesser de le faire car l’innovation ne doit jamais s’arrêter. L’innovation ne doit pas répondre à une logique furtive mais constituer un état d’esprit permanent. Elle renvoie donc à une culture, à une pratique, qu’il nous faut nourrir sans cesse.      

David ROS, Conseiller départemental de l'Essonne